EBOLA : le Bureau national de la Société Civile Forces Vives saisit Félix Tshisekedi sur une riposte fragilisée par les impayés des agents de santé en Ituri

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EBOLA : le Bureau national de la Société Civile Forces Vives saisit Félix Tshisekedi sur une riposte fragilisée par les impayés des agents de santé en Ituri


 La riposte contre la maladie à virus Ebola en Ituri fait face à de nouvelles difficultés. Dans une correspondance adressée au président de la République, Félix Tshisekedi, le Bureau de Coordination Nationale de la Société Civile Forces Vives de la RDC tire la sonnette d’alarme sur la situation des agents de santé engagés en première ligne, accusant des retards de paiement qui, selon lui, compromettent la prise en charge des victimes.

Dans cette lettre datée du 7 juillet et consultée par NouvelEchoRdc, la SCFV-RDC  dénonce «la très faible prise en charge des victimes du virus Ebola», qu’elle attribue notamment aux conditions difficiles des équipes mobilisées sur le terrain.

La société civile affirme que plusieurs agents de santé impliqués dans la riposte n’auraient pas perçu leurs rémunérations depuis près de deux mois. Selon elle, cette situation conduit à une grève sèche entamée récemment par ces personnels.

«Alors que des millions de dollars ont été mobilisés au nom de cette riposte, ces héros de la Nation sont impayés depuis bientôt deux mois», écrit le Bureau de Coordination Nationale de la Société Civile Forces Vives de la RDC dans sa correspondance au chef de l’État.

Cette structure alerte également sur les conséquences opérationnelles de ce mouvement social. Elle affirme que, dans plusieurs agglomérations autour de Bunia, une dizaine de dépouilles seraient restées entre 48 et 72 heures sans prise en charge pour un enterrement sécurisé, faute de moyens humains et logistiques suffisants.

Dans sa correspondance, le Bureau de Coordination Nationale dénonce également ce qu’il considère comme des déséquilibres dans la gestion de la riposte. Il évoque notamment le déploiement de 48 médecins ougandais, la priorité accordée à certaines équipes venues de Kinshasa au détriment des agents locaux, ainsi que des missions officielles jugées coûteuses et sans impact significatif sur le terrain.

«La guerre contre Ebola se gagne d’abord avec les hommes qui tiennent la ligne», souligne la société civile, appelant à une intervention urgente des autorités nationales.

Parmi ses demandes adressées au président Félix Tshisekedi, elle sollicite l’ouverture d’une enquête sur l’utilisation des fonds mobilisés pour la riposte contre Ebola et le paiement immédiat des arriérés de salaire des agents de santé engagés dans la lutte contre l’épidémie.

La correspondance a également été adressée aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale, à la Première ministre, au ministre de la Santé ainsi qu’au gouverneur militaire de l’Ituri.

La Rédaction