![]() |
| M. Claude Mateso, Président de LORI |
Une lettre du colonel déserteur Justin Lobho, interceptée ce lundi 24 novembre, relance le débat sur les relations entre l’association culturelle Lendu, LORI, l'administration militaire et la milice CODECO dans le contexte de l’insécurité persistante en Ituri.
Ancien officier des FARDC, Justin Lobho avait déserté pour rejoindre la rébellion de Thomas Lubanga en qualité de commandant des opérations. Dans sa lettre, il affirme avoir initialement rapproché LORI de l’administration provinciale militaire afin de garantir la continuité des services publics au bénéfice de la communauté Lendu.
Cependant, il dénonce aujourd’hui ce qu’il qualifie de «mariage sulfureux» qui existerait, selon lui, entre les FARDC et la milice CODECO, responsable de violences multiformes et de crimes graves en province de l'Ituri. «Pouvez-vous réaliser l’ampleur de la responsabilité criminelle que vous voulez endosser devant l’Humanité», interpelle-t-il le directoire de LORI.
Le colonel déserteur souligne que les combattants de la CODECO, «surarmés», se livrent à des exactions d’ «une cruauté inouïe», aggravant les souffrances des populations locales. Il appelle LORI à la «retenue et à la préservation du patrimoine humain et culturel de la communauté» Lendu, estimant que celui-ci ne doit pas être sacrifié pour «des intérêts personnels».
«Sans se mêler dans la politique, je vous inviterai à être attentifs aux signes de temps afin de garantir un avenir rassuré à toute notre communauté », conclut Justin Lobho dans sa lettre.
Cette révélation, qu’elle soit exacte ou non, rappelle les relations ambiguës entre certains notables communautaires et groupes armés en Ituri. Elle intervient alors que des combattants de la CODECO seraient prêts à intégrer la Réserve de l’Armée et de la Défense de la République (RAD), une volonté rejetée par une grande opinion locale qui exige des poursuites judiciaires contre cette milice.
NE.
