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| Le député national Paul Babangu |
La situation sécuritaire en Ituri continue de susciter des inquiétudes. Dans une lettre ouverte adressée à la Première ministre Judith Suminwa, l’honorable Paul Babangu, député national élu du territoire d’Irumu, appelle à une réponse urgente et adaptée à la crise qui frappe sa province.
Dans ce courrier parvenu à la Rédaction de NouvelEchoRdc ce mardi soir, l’élu se fait le porte-voix de «milliers de citoyens meurtris» et exhorte la Cheffe du Gouvernement à «une action concrète» face à une «insécurité chronique» qui, à en croire sa lettre, prend en otage l’ensemble de la population locale. Malgré l'état de siège et le déploiement des troupes ougandaises, il plaide pour une approche globale, dépassant le seul déploiement militaire.
En effet, Paul Babangu insiste sur la nécessité d’une réponse «politique, sociale et humaine», soulignant que la configuration du conflit en Ituri diffère de celle du Nord-Kivu. Cet élu table sur la prise en compte des spécificités locales et à une stratégie contextualisée.
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| Mme Judith Suminwa, Première Ministre |
Dans sa lettre à la Première Ministre Judith Suminwa, il propose cinq pistes pour une paix durable en Ituri :
- Organisation d’une table ronde entre Ituriens, réunissant les leaders communautaires, religieux, traditionnels, ainsi que les jeunes, les femmes et les autorités locales, afin d’identifier les causes profondes du conflit et de proposer des solutions endogènes.
- Lancement de dialogues intra et intercommunautaires, pour restaurer la confiance entre les communautés rivales et promouvoir une cohabitation pacifique.
- Relance du programme PDDR-S, avec des mécanismes transparents de désarmement, démobilisation et réinsertion des ex-combattants, accompagnés d’alternatives économiques viables.
- Mise en œuvre d’une justice transitionnelle, pour reconnaître les souffrances des victimes, juger les responsables des violences et favoriser la réparation.
- Promotion de la réconciliation, à travers des initiatives culturelles, éducatives et communautaires visant à reconstruire le tissu social.
«La paix ne se décrète pas, elle se construit», fait savoir Paul Babangu, qui dit attendre une réponse «courageuse et structurée» de la part de la Cheffe du Gouvernement.
En tout cas, «il est temps d'écouter les voix locales, de valoriser les solutions communautaires, et de faire de la paix en Ituri une priorité nationale», a-t-il poursuivi, avant d'ajouter que «l'histoire jugera notre capacité à répondre à cette crise avec lucidité, courage et dignité».
Germain Aboki

