Ce 12 novembre 2025, Jacob Bhayo, président du Conseil territorial de la jeunesse d’Aru, a été abattu à Kampala, capitale de l’Ouganda. Il s'agit d'un crime qui prive la République d'un compatriote engagé dans la défense de la patrie.
Le jeune Jacob Bhayo a été, durant des années, un repère de la lutte pour la paix en Ituri. Ces dernières années, Kampala est devenu un point de rencontre et de résidence pour certains individus impliqués dans des complots contre la stabilité en RDC, selon plusieurs rapports, notamment le plus récent du Groupe d’experts des Nations unies sur la sécurité dans l’Est du pays. Dès lors, est-il devenu un axe d’élimination de ceux qui défendent la paix en République démocratique du Congo ? La question mérite d’être posée.
Les soupçons, eux, s’installent. Le profil de la victime, le lieu du crime et l’attitude ambivalente de l’Ouganda face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC empêchent de qualifier cet acte de simple accident. L’Ouganda, partenaire de la RDC dans les opérations militaires en Ituri et au Nord-Kivu, doit impérativement clarifier les circonstances de cet assassinat. Le silence ne saurait être une réponse face au meurtre d’un artisan de paix, surtout lorsque le pays de Yoweri Museveni abrite des figures hostiles à la République.
Pour rappel, Jacob Bhayo s’était illustré par son opposition ferme à la rébellion CRP, dirigée par Thomas Lubanga. Il avait catégoriquement rejeté toute tentative d’implantation de ce mouvement dans le territoire d’Aru, mobilisant la jeunesse contre les discours de division et les ambitions armées. Son engagement pour la paix faisait de lui un président territorial de la jeunesse respecté, au-delà d'Aru.
Cet assassinat interpelle sur la sécurité des citoyens congolais qui s’opposent aux forces de fragmentation. En tout cas, seules des enquêtes sérieuses et indépendantes permettront de lever le voile sur les circonstances et les auteurs du meurtre de Jacob Bhayo. Son deuil ne saurait être refermé tant que la vérité n’a pas éclaté.
Sa lutte ne doit pas s’éteindre, elle doit être poursuivie par la jeunesse de son territoire d’Aru. Il en va de la protection de leur terre, de l'Ituri et de la République contre les forces du mal.
NE.
