L’institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence, Ebuteli, a repris la publication de son «Baromètre sécuritaire du Kivu». Le rapport mensuel d’octobre 2025 documente la violence armée dans les provinces de l’Est de la République démocratique du Congo et cite notamment la Convention pour la Révolution Populaire (CRP) de Thomas Lubanga ainsi que la milice CODECO, actives en Ituri.
Malgré les processus de paix en cours avec le M23, Ebuteli constate une «intensification» des combats dans le Kivu. Au cours du mois d’octobre, 145 affrontements armés ont été recensés dans l’Est du pays, dont 89 attribués à l’AFC/M23.
Le rapport de cinq pages met en avant la pression exercée par l’armée congolaise sur le terrain, qui a conduit à la fragilisation de certains groupes armés en Ituri. La rébellion de Thomas Lubanga, lancée depuis Kampala sous le nom de la CRP (Convention pour la Révolution Populaire) a subi des frappes des FARDC et enregistré plusieurs défections, réduisant sa capacité opérationnelle. En revanche, la milice CODECO a conservé une «constante capacité de nuisance», selon le document.
Noir sur blanc, Ebuteli renseigne que la CODECO a été impliquée dans au moins quatre affrontements en octobre dans les villages de Liko, Dada, Mbudjona et Jiba. Elle est tenue responsable de la mort d’au moins 23 civils et de l’enlèvement de 11 autres personnes dans les territoires de Djugu et Mahagi, où elle a installé un nouveau commandement dans les chefferies de Mokambo et Djukoth.
Le 9 octobre, les miliciens CODECO ont attaqué les FARDC au village de Liko, en territoire de Djugu. Lors de leur retrait, ils ont tué neuf agriculteurs dans leurs champs, précise Ebuteli.
Nicolas L.
