À Bunia, le vide laissé par les autorités provinciales aux obsèques de Thierry Lole n’a échappé à personne. Assassiné le 29 décembre à son domicile, dans une ville censée être sécurisée par l’état de siège, ce journaliste de la RTNC/Bunia aurait dû recevoir un hommage officiel, digne de son engagement et du service rendu à la République.
Pourtant, le lundi 5 janvier, jour déclaré chômé en mémoire des Martyrs de l’indépendance, aucun officiel n’a daigné se présenter. Ni le gouverneur militaire, ni le bourgmestre de sa commune, ni le porte-parole des FARDC en Ituri, ni même le maire de la ville, qui, d’ailleurs, devait prendre la parole à la cérémonie selon le programme, n’ont répondu présent.
Dans une province où les journalistes sont de plus en plus pris pour cible, comment comprendre une telle désertion ? À chacun d'en tirer ses conclusions. Comment expliquer que les autorités, garantes de la sécurité des citoyens, aient choisi de se soustraire à un devoir élémentaire de compassion et de solidarité ?
Leur absence, en ce jour férié, ne s’explique pas par des contraintes professionnelles. Elle évoque plutôt une fuite, ou un choix délibéré de tourner le dos à une corporation en deuil.
Au-delà de l’émotion, l’absence des officiels traduit un déficit de responsabilité. Elle fragilise le lien de confiance entre la population et l'administration militaire en Ituri, envoie un signal inquiétant aux journalistes et minimise la gravité d’une attaque contre la liberté de la presse.
Que dire de plus ? Dans une province placée sous état de siège, où la sécurité devrait être une exigence absolue, cette désertion apparaît comme une faute institutionnelle et morale indéniable. Ya milele pana !
NE.
