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ÉDITORIAL : RAD et P-DDRCS, paix en panne de moyens en Ituri ?


 Il serait imprudent pour la RDC de minimiser l’importance de la RAD (Réserve Armée de la Défense) et du P‑DDRCS (Programme de Désarmement, Démobilisation), Relèvement Communautaire et Stabilisation, piliers de la sécurité et de la paix dans l’Est, plus particulièrement en province de l'Ituri.

Ces initiatives, portées par l’État, visent à répondre à deux urgences vitales. D’une part, le RAD doit renforcer les FARDC en intégrant des volontaires civils et des militaires retraités dans une force d’appui crédible, capable de faire face à l’insécurité persistante.

D’autre part, le P‑DDRCS ambitionne de réinsérer les ex‑combattants et les personnes vulnérables dans leurs communautés, en s’attaquant aux causes profondes des conflits par des opportunités économiques et sociales.

Or, ces initiatives souffriraient d’un déficit criant de ressources. Le gouverneur militaire de l’Ituri avait admis les obstacles financiers du P‑DDRCS, et le lieutenant‑colonel Emmanuel Libandi, responsable provincial de la RAD, avait aussi confirmé que des sollicitations sont adressées au ministère de la Défense pour renforcer le soutien, notamment sur le plan logistique.

La situation est préoccupante. Faute de moyens suffisants, la RAD resterait une simple conception théorique, incapable d’appuyer les FARDC. Quant au P‑DDRCS, privé de ressources et confronté à 39 mois d’arriérés de salaire pour ses agents en Ituri, il ne pourrait proposer d’alternatives crédibles aux jeunes vulnérables et aux ex‑combattants, ouvrant ainsi la voie à une reprise des violences.

Ces projets stratégiques ne peuvent être traités comme de simples slogans. Le gouvernement central doit leur accorder des ressources financières, logistiques et humaines à la hauteur des menaces et besoins de l’Ituri.

On ne bâtit pas la paix et la sécurité dans l’improvisation. Elles reposent sur des choix financiers clairs, une détermination politique forte et une mobilisation des acteurs.

NE.