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ÉDITORIAL : Kakule Kalyomo, un député fantôme ?

Élu en province de l'Ituri malgré ses origines du Kivu, l’honorable Kakule Kalyomo avait bénéficié d’un capital de confiance rare des électeurs, loin de sa province d'origine. 

Les Ituriens avaient choisi de lui accorder leur voix, convaincus qu’il porterait haut leurs préoccupations à l’Assemblée nationale. Mais cette confiance semble aujourd’hui trahie. Au lieu d’être un porte-parole, il s’est mué en spectateur silencieux. 

Un député fantôme ?

Dans l’hémicycle, son absence aux débats est remarquée. Dans les travaux du caucus des 28 élus de l’Ituri, son siège reste vide. Là où ses collègues s’efforcent de défendre les intérêts de la province, lui brille par son mutisme et son invisibilité.

À tel point que l’on pourrait croire que l’Ituri n’a plus que 27 parlementaires. Le mandat qu’il détient au nom de la province semble réduit à un simple exercice de présence physique à l'Assemblée nationale, sans engagement ni action.

Le paradoxe des ambitions 

Le plus paradoxal est que cet élu nourrit l’ambition de devenir gouverneur de l’Ituri après la levée de l’état de siège. Comment un député incapable de défendre son électorat au Parlement pourrait-il prétendre gouverner une province meurtrie et exigeant une voix forte et courageuse ? C'est juste une question de curiosité. 

L’homme apparaît comme un opportuniste de mauvais goût, drapé dans l’image d’un corbillard à Bunia, comme si son engagement politique se résumait à accompagner ses électeurs vers la tombe plutôt qu’à défendre leurs droits et leurs aspirations.

Politique du pagne et de la danse

Certes, il n’est pas mauvais que l'honorable Kakule Kalyomo offre des pagnes aux mamans de Bunia-ville, ni de les faire chanter et danser lors des campagnes électorales. Mais réduire l’action politique à ces gestes électoralistes est une corruption morale qui ne trompe plus personne.

Le travail d’un député ne se mesure pas à la musique des campagnes, mais à sa capacité à défendre les intérêts de sa circonscription dans les missions que lui reconnaissent les textes de la République.

Que vaut un député absent ?

Que vaut un député national incapable de défendre son électorat ? Que vaut un élu qui se limite à faire danser nos mamans au lieu de porter leurs préoccupations dans les débats parlementaires ?

La réponse est claire : il ne vaut pas le mandat qu’il détient. Il prive l’Ituri d’une voix, d’un siège, d’une force politique.

Dans une province fragilisée par les conflits, chaque élu compte. Kakule Kalyomo affaiblit le poids politique de l’Ituri et accentue le sentiment d’abandon des ituriens qui l'ont voté.

Un Mandat, une responsabilité 

Le mandat parlementaire n’est pas un privilège, mais un devoir. Être député, c’est porter la voix de ceux qui n’en ont pas. C’est défendre, interpeller, proposer, ce que l'honorable Kakule Kalyomo n'arrive toujours pas à affaire depuis son élection. 

S'il n'est pas prêt à assumer cette responsabilité, il devrait être sanctionné dans les urnes lors des prochaines élections au profit de voix plus engagées au service de l'Ituri. La République, plus particulièrement la province de l'Ituri, n’a pas besoin d’un député spectateur ni d’un gouverneur opportuniste, mais d’un défenseur acharné des intérêts publics.

NE.