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HIER DIABOLIQUES, AUJOURD'HUI ADOPTÉS : les habits catholiques dans les églises de réveil !

Une vue des pasteurs des églises de réveil lors d'une récente cérémonie à Kinshasa 

Pendant des décennies, les églises dites de réveil en République démocratique du Congo ont construit une partie de leur discours en opposition frontale à l’Église catholique. Soutane, col romain, mitre et autres insignes d’autorité ecclésiastique étaient présentés comme des marques du démon, des symboles d’un christianisme jugé corrompu et éloigné de la vérité biblique.

Ces images fortes ont nourri une rhétorique de rupture, séduisant des fidèles en quête d’une foi «purifiée» des traditions jugées  diaboliques de la part des pasteurs des églises de réveil.

Ils seraient confondus aux Évêques catholiques, ces pasteurs.

Aujourd’hui, le paysage religieux congolais révèle une ironie saisissante. Les mêmes églises qui dénonçaient hier l’habillement catholique adoptent désormais cols pastoraux, aubes, chasubles, calottes, crosses et même mitres.

Ce mimétisme vestimentaire interroge un prêtre catholique. Si ces habits étaient diaboliques hier, que sont-ils devenus aujourd’hui ? Le diable aurait-il disparu avec le changement de regard ou la diabolisation n’était-elle qu’un prétexte pour rejeter ailleurs une vérité dérangeante ?

Un autre pasteur d'une église de réveil

À en croire ce prêtre, cette volte-face illustre une incohérence qui discrédite les enseignements de ces églises. La condamnation des symboles vestimentaires n’aurait été qu’une stratégie pour se démarquer et séduire, sans véritable fondement théologique.

Il y a lieu de comprendre qu'en reprenant ces codes, les églises de réveil révèlent que leur discours initial reposait davantage sur l’opposition que sur une conviction doctrinale solide.

Une vue d'ensemble des pasteurs des églises de réveil de Kinshasa 

La critique posée par le prêtre catholique sont sans détour. Si le diable était dans ces habits hier, où est-il aujourd’hui ? La question, provocatrice, met en évidence la difficulté des églises de réveil à maintenir une cohérence doctrinale face à l’évolution de leurs pratiques. Elle invite à réfléchir sur la place des symboles dans la construction de l’autorité religieuse et sur la manière dont les discours peuvent se retourner contre ceux qui les ont portés.

Nicolas L.