La province de l’Ituri s’enfonce dans une nouvelle tragédie humanitaire. Dans un rapport couvrant la période du 1er au 31 janvier, OCHA et ses partenaires humanitaires dressent un constat alarmant.
Plus de 78 500 personnes déplacées sont privées d’assistance, conséquence directe des affrontements dans le territoire de Djugu entre les Forces armées de la RDC et la rébellion CRP de Thomas Lubanga.
Le document fait état d’au moins 25 civils tués et d’une vingtaine d’autres enlevés dans les territoires d’Irumu et de Mambasa. À Djugu, la localité de Bule et ses environs ont été le théâtre d’affrontements répétés tout au long du mois, malgré une accalmie relative en fin de période, lit-on.
«Ces violences ont entraîné des déplacements vers des villages jugés plus stables, ainsi que vers le site de Plaine Savo. Certaines personnes ont trouvé refuge dans les territoires voisins de Mahagi et Irumu», souligne ce rapport.
Entre-temps, l’accès humanitaire demeure fortement limité dans plusieurs localités, notamment Bule, Savo, Mbudjona, Mblemble et Buju. Les besoins recensés par OCHA et ses partenaires sont multiples : assistance alimentaire, éducation, eau, hygiène, assainissement et abris. Une évaluation rapide menée par le NRC en janvier confirme l’urgence de ces besoins.
Le secteur éducatif est particulièrement touché, poursuit ce document. L’utilisation d’infrastructures scolaires comme abris d’urgence compromet l’accès à l’enseignement. Plus de 60 établissements restent fermés depuis décembre 2025, privant plus de 24 000 enfants de cours.
Ce rapport met en exergue une crise qui dépasse le seul cadre sécuritaire. La province de l’Ituri, déjà fragilisée par des décennies de violences, voit ses communautés hôtes et déplacées confrontées à une détresse humanitaire qui menace de s’aggraver sans une mobilisation rapide des autorités et de la communauté internationale.
La Rédaction
