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| M. Saidi Munyanya |
Depuis le 12 janvier 2026, Saidi Munyanya vit à Kinshasa, interdit de séjour dans sa province natale de l’Ituri. Haut fonctionnaire de l’État, chef de la Division provinciale des Mines et Géologie suspendu, il se retrouve éloigné de Bunia, séparé de ses enfants et de toute sa famille. La mesure de son départ forcé continue de susciter incompréhension.
La correspondance officielle du gouverneur militaire Johnny Luboya évoque de «sérieuses préoccupations» pour justifier ce renvoi. Mais derrière cette formule, il y a une réalité simple, celle d'un père de famille privé du droit de vivre auprès des siens.
La sanction «administrative» avait déjà été appliquée avec sa mise à l’écart des fonctions. Pourquoi ajouter une interdiction de séjour en Ituri qui le frappe dans sa vie personnelle ?
Monsieur Saidi Munyanya n’est pas un milicien, il n'est pas acteur un politique, encore moins un agitateur. Son éloignement ne répond à aucune logique de sécurité évidente. Il est aujourd’hui un homme en attente, contraint à un exil intérieur, loin de sa terre natale et de sa communauté.
Le paradoxe est renforcé par le fait qu’aucune suspension formelle n’a été décidée par le ministère des Mines à Kinshasa. Ce décalage entre les autorités provinciales et nationales nourrit un sentiment d’injustice et laisse planer un doute sur les véritables raisons de son éloignement.
Au-delà du cas administratif, c’est la dimension humaine qui interpelle. Lorsqu’un haut fonctionnaire est tenu à l’écart, c’est non seulement sa carrière qui est affectée, mais aussi son rôle de père et d’époux. L’impact humain devient aussi important que la décision elle-même.
L’Ituri est une province meurtrie, qui a besoin de stabilité et de cohésion. Permettre à Saidi Munyanya de regagner Bunia ne compromettrait pas cet équilibre. Au contraire, cela bâtirait une crédibilité morale aux institutions et montrerait que le gouverneur militaire Johnny Luboya sait conjuguer fermeté et humanité.
Saidi Munyanya n’est pas seulement un haut fonctionnaire, il est avant tout un père. L’autorité provinciale devrait lui offrir la possibilité de rentrer chez lui, auprès de sa famille, pour renouer avec une vie normale et sa communauté.
Germain Aboki
