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| Photo d'illustration |
Dans la nuit du lundi 16 mars, une attaque d’une rare violence a visé le village de Bebesua, dans le territoire de Mambasa. Le bilan provisoire fait état de 11 civils exécutés et d’une localité entièrement incendiée, provoquant un exode massif de la population.
Le territoire de Mambasa s'enfonce un peu plus dans l'horreur. Selon la Convention pour le respect des droits humains (CRDH), le village de Bebesua, situé sur l'axe de la Route Nationale 4 (tronçon Kisangani), a été le théâtre d'un carnage aux alentours de 20 heures.
«Onze personnes ont été froidement abattues», rapporte John Vulevyero, coordonnateur local de la CRDH, précisant que ce chiffre pourrait encore s'alourdir. Au-delà des pertes humaines, les assaillants, qualifiés de «djihadistes» par l'organisation, ont appliqué la politique de la terre brulée, réduisant le village en cendres.
Pour les observateurs des droits de l'homme, ces incursions répétées traduisent une volonté délibérée de vider la région de ses habitants par une «stratégie de terreur systématique».
Cette attaque a plongé les agglomérations voisines de Bandengaido, Salate et Epulu dans une paralysie totale. Terrifiées, des milliers de familles ont pris la fuite, entraînant la fermeture immédiate des écoles et l’arrêt de toute activité économique dans cette zone forestière de l’Ituri.
Ce drame intervient dans un contexte sécuritaire déjà délétère. Moins de 72 heures auparavant, les carrés miniers de Muchacha avaient déjà été la cible d'une incursion sanglante. Malgré les alertes répétées de la société civile, la pression des groupes armés ne faiblit pas, poussant la CRDH à exiger des autorités congolaises des mesures de protection «immédiates, visibles et efficaces».
La Rédaction