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Une vive tension règne ce jeudi 9 avril 2026 dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri. De violents affrontements opposent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) aux rebelles de la Convention pour la révolution populaire (CRP) au cœur de la chefferie des Bahema Badjere.
Les hostilités ont débuté à l’aube dans les villages périphériques de Bule, notamment à Donga, Djaimbu et Kaa, avant de se rapprocher dangereusement de Bule-Centre.
En milieu de matinée, l’usage d’armes lourdes et légères a provoqué un mouvement de panique généralisée. La situation est critique pour les milliers de civils du site de déplacés de la plaine de Savo, déjà traumatisés par de précédentes attaques.
Zone inaccessible
«La zone reste inaccessible en raison de la persistance des échanges de tirs», confie une source sécuritaire sous couvert d’anonymat. L’armée, qui avait annoncé en début de semaine la neutralisation de six rebelles et la récupération de plusieurs armes, n’a pas encore communiqué sur l’évolution de cette nouvelle poussée de violence.
Stratégie du chaos
Pendant que les combats se poursuivent, les méthodes de la CRP suscitent l’indignation. Son leader, Thomas Lubanga, retranché en Ouganda, est accusé par les FARDC et plusieurs ONG de transformer les sites de déplacés en «boucliers humains». Les attaques seraient orchestrées directement depuis ces zones de refuge, exposant délibérément des milliers de civils vulnérables.
Civils instrumentalisés
Déjà condamné par le passé, Thomas Lubanga est de nouveau dans le collimateur de la Cour pénale internationale. Des témoignages indiquent que des enfants seraient utilisés pour lapider les cortèges de la MONUSCO, entravant les opérations de protection des casques bleus et, surtout, empêchant la communauté internationale de documenter ses nouveaux crimes, traqués et condamnés par le droit international.
Communauté ciblée
Bien que membre de la communauté Hema, Thomas Lubanga s’attaque violemment aux siens. Le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST) rapporte que les jeunes et notables des Bahema Badjere refusant de soutenir l’insurrection sont menacés ou éliminés.
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| M. Thomas Lubanga |
Plusieurs jeunes «résistants» ont été retrouvés sans vie, tandis que des figures locales, comme le président de la société civile ou le responsable de la FEC de Bule, ont été victimes d’assassinats ou d’enlèvements.
Population prise en étau
À Bule, la population Hema se retrouve coincée entre deux feux. D’un côté, elle est utilisée comme rempart par les combattants de Thomas Lubanga; de l’autre, elle subit la répression d’un leader qui n’hésite pas à faire couler le sang de ses propres frères pour déstabiliser l’Ituri.
Équation insoluble
Face à cette stratégie du chaos, les FARDC et la MONUSCO tentent de maintenir un périmètre de sécurité. Mais l’infiltration des hommes de Thomas Lubanga au sein même des sites de déplacés rend l’équation militaire presque insoluble, au risque d’un réel drame humanitaire.
NE.

