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| Yoweri Museveni, président de l'Ouganda |
Un rapport du Congo Research Group et de l'Université de New York (NYU) révèle le rôle crucial, bien que discret, de Kampala dans la résurgence de la rébellion. Entre complicités militaires et rivalités géopolitiques, l’Ouganda se retrouve au cœur de l'escalade sécuritaire dans l’est du Congo.
Alors que les regards se tournent souvent vers Kigali, un nouveau rapport publié en avril 2026 par le Congo Research Group (CRG) et le Center on International Cooperation de l’Université de New York bouscule les certitudes.
Le document détaille comment l’Ouganda a servi de base arrière à la reconstitution du Mouvement du 23 mars (M23), plus d'une décennie après sa défaite officielle.
Sanctuaire de Bihanga
L'enquête révèle que le camp militaire de Bihanga, dans le sud-ouest de l'Ouganda, a été le centre névralgique de cette réorganisation. C’est là qu'une majorité de combattants avaient trouvé refuge après 2013.
Selon les chercheurs, c’est depuis ce site que le mouvement a lancé ses campagnes de recrutement dès 2021, et ce, «avec la complicité» des autorités ougandaises.
Officiers et instructeurs
Le rapport met en lumière des épisodes clés de cette restructuration. En 2017, le départ de Sultani Makenga vers les pentes du mont Sabyinyo aurait été «discrètement facilité par de hauts gradés de l’armée ougandaise».
Plus grave encore, des officiers de l’Uganda People’s Defence Force (UPDF) ont été formellement identifiés comme instructeurs dans les camps d’entraînement de la rébellion.
Duel Rwanda-Ouganda
L'un des apports majeurs de ce rapport est l'analyse de la dynamique régionale. La montée en puissance du M23 serait aussi la conséquence d'une lutte d'influence.
Le déploiement de l'armée ougandaise en Ituri et ses projets routiers auraient poussé Kigali à relancer son propre soutien au M23, faisant de cette rivalité l’un des «déclencheurs méconnus» de l’actuelle escalade.
La Rédaction