Ticker

ACTUALITÉS :
Chargement des derniers titres...

Ad Code

ACTUALITÉS
Récupération des articles en cours...

ÉDITORIAL - CRISE SÉCURITAIRE EN ITURI : les vrais bourreaux sortis de l'ombre !

Des victimes enterrées dans une fosse commune 

La guerre en Ituri n’est plus une énigme. Le dernier Rapport du Groupe d’Experts des Nations unies, daté du 3 juillet 2025, ne fait que confirmer ce que les murs de la province murmurent depuis longtemps. Ce conflit, longtemps habillé des oripeaux ethniques, s’est mué en une guerre économique cyniquement orchestrée par une élite régionale aux intérêts troubles.

Le document onusien, volumineux et accablant, dresse un portrait glaçant : députés nationaux et provinciaux, hommes d’affaires et commerçants locaux sont nommément cités comme financiers des groupes armés. Ceux-là mêmes qui devraient défendre leurs communautés s’illustrent dans le pillage des ressources, alimentant la violence pour asseoir leur pouvoir et leurs gains. L’impunité devient la norme, et la complicité, un mode d'opération.

Notables ambigus

Longtemps perçus comme lanceurs d’alerte excessifs ou manipulateurs politiques, certains leaders locaux voient leur parole renforcée par cette enquête internationale. Leurs dénonciations, souvent balayées d’un revers de main, trouvent aujourd’hui un écho dans des pages détaillées qui font froid dans le dos. Face à cela, le silence de plusieurs figures influentes de la province interroge. Comment expliquer l’absence de réaction face à des révélations aussi graves ?

En Ituri, ceux qui versent le sang se serrent la main de ceux qui prétendent chercher la paix.

Solution iturienne

Le Rapport relance une vieille revendication, celle de la nécessité d’une solution iturienne au drame iturien. Mais que vaut une paix négociée si ses artisans continuent à pactiser avec les bourreaux ? La véritable rupture ne viendra pas d’une mission diplomatique parachutée depuis Kinshasa ou New York, mais d’une refondation morale et politique initiée par les Ituriens eux-mêmes, loin des calculs partisans.

Le Rapport de l’ONU ne doit pas être un simple moment médiatique. C’est une très belle opportunité, une chance de poser enfin les vrais noms sur les vrais visages de la guerre. Aux citoyens, aux activistes, aux journalistes de la région de s’en saisir pour exiger des comptes. Car en Ituri, il y a lieu d'y croire, la paix ne manque pas de solutions, elle manque de volontés et de sincérité des filles et des fils de la région.

Germain Aboki