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RAD : «La CODECO n’est pas un mouvement patriotique. Elle ne peut être assimilée aux Wazalendo», selon un acteur de la Société Civile

L’annonce du lieutenant-colonel Libandi, selon laquelle plus de 50 000 éléments de la milice CODECO auraient exprimé leur volonté d’intégrer la Réserve de l’Armée et de la Défense (RAD), a déclenché une vraie polémique en Ituri, une province ravagée par les exactions de ce groupe armé. 

La milice CODECO, citée à de nombreuses reprises dans les Rapports des Nations Unies et par des organisations de défense des droits humains, est tenue responsable de crimes graves commis en Ituri. Parmi les exactions documentées figurent des massacres de civils, des attaques contre des sites de déplacés, la profanation de lieux de culte, des exécutions sommaires et des cas d’enterrements de personnes vivantes.

Son mode opératoire, marqué par une extrême brutalité, est souvent comparé à celui des rebelles ADF actifs dans le territoire d’Irumu. Plusieurs témoignages font état d’un comportement particulièrement inhumain de ses membres, décrits comme ayant adopté la tuerie des civils comme routine, sans considération pour la vie humaine.

L’idée d’intégrer ses membres dans une structure officielle de l’armée soulève de sérieuses interrogations. Pour de nombreux observateurs, la RAD ne peut devenir un refuge pour les bourreaux. Pour eux, l'intégration ne peut précéder la justice. Dans la foulée, plusieurs ituriens avancent que les responsables de la CODECO doivent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

«La CODECO n’est pas un mouvement patriotique. Elle ne peut être assimilée aux Wazalendo», a affirmé un acteur local de la société civile. Le président de la République, Félix Tshisekedi, choqué par les crimes commis par cette milice, avait, pour sa part, qualifié leurs actes de répugnants et d'odieux. C’est d’ailleurs en réponse à la terreur imposée par ce groupe, entre-autres, que l’état de siège a été décrété en Ituri.

En Ituri, où des familles ont été décimées par la CODECO et où ce groupe armé continue de tuer, l'intégration de ses éléments dans la Réserve de l’Armée et de la Défense devrait impérativement passer par une procédure judiciaire préalable, conformément aux engagements internationaux de la RDC en matière de lutte contre l’impunité.

La Rédaction