À deux jours de la conférence humanitaire prévue en France le 30 octobre 2025, les acteurs de la société civile engagés dans les questions socio-humanitaires et pour la paix en Ituri insistent sur la nécessité de placer leur province au cœur des priorités.
Alors que les violences persistent depuis 2017, la situation en Ituri continue de se détériorer. Jean Bosco Kisoke, Notable et Spécialiste des enjeux humanitaires dans la région, s’interroge sur le silence prolongé autour de ce qu’il qualifie de «génocide oublié». Dans une lettre parvenue à notre Rédaction ce mardi 28 octobre, il décrit une réalité marquée par les massacres, les déplacements massifs et l’indifférence croissante de la communauté internationale.
Il rappelle que dès juillet 2019, lors de sa première visite officielle en Ituri, le président Félix Tshisekedi avait même évoqué une «tentative de génocide et une stratégie de déstabilisation du pouvoir de Kinshasa». Le chef de l’État s’était alors rendu dans le territoire de Djugu pour constater les faits sur le terrain.
Jean Bosco Kisoke souligne que les atrocités, en grande partie attribuées à la milice CODECO, ont été qualifiées en janvier 2020 par le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme de «crimes de guerre et de crimes de génocide». La majorité des victimes, selon lui, appartiendraient à la communauté Hema.
Malgré les dénonciations répétées, les violences se sont poursuivies, y compris contre les personnes déplacées, fait-il savoir. Jean Bosco Kisoke déplore que cela se produise dans un pays membre des Nations Unies, où la MONUSCO est présente en Ituri depuis 1999. En marge de la Conférence de Paris, il appelle les bailleurs de fonds à influencer en faveur de la paix et à mobiliser davantage de ressources pour répondre aux besoins humanitaires des déplacés et des retournés en province de l'Ituri.
Cet acteur de la société civile invite également les partenaires du gouvernement congolais à maintenir leur engagement, malgré les conditions sécuritaires difficiles sur le terrain. Pour lui, l’urgence de sa province ne peut plus attendre.
Sans ambages dans sa lettre, Jean Bosco Kisoke souhaite que la situation en Ituri soit traitée comme une priorité nationale et internationale dans le contexte de la conférence humanitaire de Paris. Il ne digère pas que cette crise soit souvent reléguée au second plan, peu médiatisée et négligée par les instances de décision. Jean Bosco Kisoke conclut en appelant à une mobilisation collective pour sortir l’Ituri de l’oubli et répondre enfin à la détresse de ses populations.
La Rédaction
