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GRATIEN IRACAN : l'imprudence !

Le député national Gratien Iracan 

La scène politique congolaise vient de livrer un nouvel épisode révélateur des réalités du pouvoir et des alliances. Gratien Iracan, député national élu de l’Ituri, a été écarté de la course au poste de Rapporteur adjoint de l’Assemblée nationale. Candidat indépendant, il n’a pas été retenu, contrairement à Mme Clotilde Kalonga, membre du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, seule validée pour ce poste.

Cette exclusion intervient dans un contexte marqué par les choix politiques de Gratien Iracan, notamment sa séparation d’avec Moïse Katumbi, figure influente de l’opposition congolaise. Ce départ prématuré semble avoir fragilisé sa trajectoire. En quittant Ensemble pour la République, Gratien Iracan a renoncé à une structure politique établie, dotée d’une assise nationale et d’un leadership reconnu et d'ailleurs, qui a fait de lui député national élu et réélu à Bunia. Depuis, il peine à se stabiliser dans un paysage politique où les alliances sont souvent synonymes de survie.

Son positionnement en tant qu’indépendant, bien qu’illustrant une volonté d’autonomie, révèle aussi les limites d’une démarche solitaire dans un environnement politique dominé par les coalitions. L’absence de soutien structuré et l’éloignement des grandes plateformes l’ont exposé à une marginalisation progressive, comme en témoigne son éviction du processus électoral interne à l’Assemblée nationale.

Par ailleurs, Gratien Iracan semble avoir investi une part importante de son énergie dans une stratégie de communication axée sur les réseaux sociaux. Si cette approche peut renforcer la visibilité, elle ne remplace pas la construction d’une base politique solide. L’activisme numérique, souvent perçu comme un substitut à l’action de terrain, montre ici ses limites. La politique congolaise reste fondée sur des dynamiques territoriales, des alliances concrètes et une capacité à mobiliser au-delà du virtuel.

À l’approche de l’échéance électorale de 2028, l'élu de l'Ituri nourrit l’ambition de briguer un mandat présidentiel. Une ambition légitime, mais qui exige une préparation rigoureuse, une structuration politique réelle et une stratégie d’implantation territoriale. L’adhésion à une plateforme, qu’elle soit de la majorité ou de l’opposition, ou la création d’un parti enraciné dans sa province, pourrait lui offrir une alternative plus viable que l’isolement politique actuel.

L’exclusion de la course au Bureau de l’Assemblée nationale n’est pas seulement un revers personnel. Elle illustre les conséquences d’une séparation mal calibrée et d’une stratégie politique qui peine à s’adapter aux réalités du terrain. Dans un système où les rapports de force sont déterminants, l’indépendance politique ne peut se construire sans fondations solides.

NE.