Des élus de l'Ituri 

Réunis en urgence ce mardi 17 mars au Palais du Peuple, les parlementaires de la province de l'Ituri ont brisé le silence pour dénoncer une dégradation «alarmante» de la sécurité dans le territoire de Mambasa.

Face à la multiplication des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), le caucus des élus exige une réponse militaire immédiate. Plus rien ne sera comme avant, le ton employé par les députés et sénateurs de l'Ituri traduit l'exaspération d'une région meurtrie.

Le territoire de Mambasa subit, depuis une semaine, une vague d'incursions meurtrières ayant plongé cette zone de l'Ituri dans une terreur généralisée. Ces élus nationaux font état d'un bilan humanitaire critique, marqué par des massacres de civils, des pillages de villages et des flux massifs de déplacés. «Des familles entières vivent aujourd'hui dans l'errance, sans abri ni assistance», a déploré le président du caucus, Pitchout Iribi.

Au-delà de la compassion exprimée envers les victimes, les élus nationaux passent à l'offensive politique. Ils appellent les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à renforcer sans délai les dispositifs sécuritaires pour protéger les populations civiles, cibles privilégiées des terroristes ADF.

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Pour s'assurer que ce cri de détresse ne reste pas lettre morte, le caucus a annoncé un calendrier de travail intensif. Des audiences de haut niveau sont prévues dans les prochaines heures avec le Vice-Premier ministre en charge de la Défense, le chef d’état-major général des FARDC, ainsi que les principaux responsables des services de sécurité.

Les élus de l'Ituri sont déterminés à obtenir des engagements fermes et des opérations concrètes pour stopper l'hémorragie sécuritaire dans cette partie de l'Est de la RDC, où l'autorité de l'État peine à se rétablir malgré l'état de siège et les opérations militaires en cours.

Germain Aboki